Rabot à refendre

Rabot à refendre, hêtre et noyer.

Le rabot à refendre, c’est l’outil complémentaire à la scie à refendre et permet de  couper une planche en deux dans le sens des fibres et sur le chant, chose difficilement réalisable avec des outils classiques.

Ce rabot est constitué d’un bloc de hêtre avec une poignée ergonomique et équipé d’une lame de scie sur la semelle montée dans une rainure.  Cette lame ressort de 20mm et permet de pratiquer une rainure dans la pièce à refendre.
Sur son flanc, le rabot possède deux tiges perpendiculaires sur lesquelles un chariot coulisse.  Ce chariot permet de maintenir la lame à une distance constante et réglable du bord de la face de la planche à refendre. [lire la suite…]

Scie à refendre

Scie à refendre, hêtre.

On sait parfaitement tronçonner une planche, c’est à dire couper la planche perpendiculairement aux fibres…

On sait également déligner une planche, c’est à dire couper la planche dans le sens des fibres sur la face…

En revanche, refendre une planche, c’est à dire couper une planche en deux dans l’épaisseur, c’est bien plus compliquée avec les outils classiques.   Cette scie à refendre, utilisé en combinaison avec le rabot à refendre permet de couper une planche en deux dans le sens des fibres et sur le chant [lire la suite…]

Planches à scier

Planches à scier, hêtre et noyer.

Les planches à scier sont des accessoires d’établi très pratiques permettant de tronçonner des sections de bois à la longueur sans avoir à aller chercher un banc de sciage, ou utiliser une chaise en étant plié en deux, à maintenir du pied le débit pour pouvoir le scier…

Les planches à scier sont des planches de hêtre en travers desquelles sont collées des baguettes de noyer (pour le contraste de l’essence) en travers fil, l’une en bois de bout sur la surface supérieure et sur laquelle on pourra appuyer la pièce à découper et l’autre sur le bois de bout opposé en surface inférieure, qui elle viendra s’appuyer sur le rebord de l’établi. [lire la suite…]

Les lots, c’est balot!

C’est en traînant dans les rayons des magasins de bricolage et en fouillant sur le net pour chercher à m’équiper que m’est venu l’idée de ce post.  Et une discussion il y a quelques jours sur le groupe facebook « Au plaisir des copeaux » m’a amené à réagir dans ce sens…

La consommation à outrance, l’achat compulsif et irraisonné est un contresens économique, en terme d’environnement et d’efficacité énergétique.  Et c’est un peu le sens de cet article.

En tous cas, je tente, toujours modestement, de trouver la manière la plus économique de s’équiper avec des outils de qualité.  Le choix d’outils de qualité restant à mon sens le choix le plus judicieux si tant est que travailler le bois s’inscrit dans le long terme et dans la quête d’une certaine qualité.

Equiper son atelier met très souvent devant le choix cornélien: on prend le foret de 8mm à l’unité ou on met quatre fois le prix et on part avec la boîte de 6?

« Prends la boîte de 6! » dit le bon sens… « de toute façon, tu auras besoin du forêt de 8 et il va bien y avoir un moment où il y aura besoin du foret de 13, de celui de 3, etc…
Et le bon sens en matière d’économie ne se trouve pas forcément là où on le mettrait instinctivement, là où le doigt pointe , où l’étiquette orange fluo et la promotion annoncée se trouvent, ni où le regard du vendeur se porte.
La question à se poser est simplement: est-ce que j’en ai besoin?  Est-ce que j’ai besoin de chacun des composants de ce lot?  Mais est-ce que j’en ai réellement et concrètement besoin maintenant?

On ne parle pas de besoin hypothétique, dans un futur potentiel projet qui éventuellement nécessiterait, sur la troisième option de conception, la fraise de profilage tarabiscottée, si si, celle qui reproduit ces fameux profils russes de la fin du XIXème…
On ne parle aujourd’hui que du projet en cours, voire éventuellement du projet à venir mais pas plus loin!

Et finalement le réflexe presque génétique qui consiste à sauter sur le lot à la place de l’article individuel dont on avait initialement besoin n’est plus si avantageux que ça…  D’autant plus qu’acheter article par article permet d’étaler les dépenses dans le temps, ce qui fait moins peser dans le budget outillage mensuel, voire annuel…

Sans parler de la place que le stockage de tout ce matériel nécessite et condamne en espace inerte et inutilisable pour les outils fonctionnels…

Ce n’est que très récemment que je me suis rendu compte que j’ai fini par accumuler une masse d’accessoires, des forêts, de ciseaux, de bédanes, de guides d’affûtage, de gabarits, de fraises de défonceuse, etc… dont je ne me suis jamais servi, dont je ne me sers pas et dont je ne me servirai absolument jamais!

Ca sent le ménage de printemps!

Une idée cadeau?

Sans rentrer dans la sociologie ou les mécanismes psychologiques qui sous-tendent le choix d’un cadeau pour autrui et les difficultés que l’on peut éprouver à choisir un cadeau pour une personne qu’on aime (des personnes bien plus compétentes se sont déjà posées la questions), je me disais que ce serait une excellente occasion de resserrer la problématique et de se pencher sur l’épineuse question: « Quel cadeau faire à un boiseu? »

Eh oui, anniversaire oblige, fêtes de fin d’année rimant avec cadeaux, qu’est-ce qui pourrait bien faire plaisir à celui qui sniffe la sciure, qui se pique aux échardes et gobe du copeau au taquet???

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Choix difficile et cornélien s’il en est…
Après, il y a plein d’autres idées cadeau…  Non, c’est vrai!  D’autant plus que l’intéressé sait ce qu’il veut, ce dont il a besoin.  C’est un peu son monde, son petit secret d’atelier.
Parce que clairement, choisir d’offrir un outil à un boiseu est à double tranchant…
(je sais, le jeu de mot largement surfait dans la communauté du travail du bois 🙂 )
Le risque est alors grand d’opter pour un outil non adapté au type de pratique de l’intéressé (le gabarit de perçage d’une grande marque américaine serait un contre-sens dans mon coffre à outils, par exemple).
Il peut également se révéler hasardeux d’offrir un outil qui se trouve déjà dans le coffre…

Alors quel serait le cadeau idéal???
Outre un besoin spécifique et exprimé par l’intéressé, je ne vois que deux, voire trois solutions en fonction de votre budget.

Première option: des serre-joints.
On n’a jamais assez de serre-joints…!
C’est ce que j’ai entendu et il est inutile, à moins d’être à la tête d’une entreprise avec une production de malade, d’en avoir tant que ça.  Il n’empêche que des serre-joints de qualité, c’est sacré et ça fait toujours plaisir!
Quatre de chaque taille devrait faire l’affaire, de 30cm d’ouverture, jusqu’à …  tout dépend du projet à réaliser.
Quoiqu’il en soit, j’ai eu l’occasion d’essayer les serre-joints de type pompe à main premier prix d’un magasin de bricolage discount et avec le recul, investir dans ce matériel, c’est tout bonnement jeter de l’argent par la fenêtre: en l’espace d’une dizaine d’utilisations, la gâchette de serrage était devenue inefficace.  Plus aucune pression sur le bois, résultat: poubelle avec le goût amère de se l’être fait mettre à l’envers!
Il reste les serre-joints de qualité, ceux dont la barre ne fléchit pas sous le serrage, ceux dont les mâchoires restent parallèles et qui serrent…  mais vraiment!
Certes le budget est conséquent mais année après année, on se constitue un petit parc non négligeable, qui permettra de faire face à l’immense majorité des situations.

Deuxième option: du consommable.
Des disques à abrasif (de diamètre adapté à la machine, bien évidemment) de très gros grain ou de grain très fin (c’est en général de ceux-là dont on manque le plus), de la colle à bois, de la teinture, du vernis, de la cire, de la laine d’acier, etc…
Ça le fait toujours.

Troisième option: du bois.
Ça peut sembler bizarre mais le bois reste la matière première de laquelle on tire le plus grand plaisir, de la conception à la réalisation.  Du chêne, du hêtre, du frêne, du châtaigner, du noyer, du merisier, vous ne pouvez pas imaginer ce que ça fait plaisir…
Si si, j’vous jure!
Vous comprendrez ce dont je parle quand la planche sera auscultée au cm2 « Oh! une planche de noyer… C’est super cool! », que le veinage sera étudié dans ses moindres détails « Trop la classe: regarde, on dirait que le nœud nait dans la planche qui était juste au dessus! ».
Ça fait très geek, mais offrez-lui des planches et non seulement vous étendrez son domaine des possibles mais vous ferez un heureux de surcroît…!

Drôle d’article me direz-vous?  J’en conviens.
En fait, mon anniversaire vient tout juste de passer et des amis ont choisi de se cotiser pour m’offrir de quoi travailler le bois mais ne savaient pas exactement quoi m’offrir.
Je me retrouve du coup à la tête d’une petite cagnotte…

Alors vous savez quoi?
J’vous laisse: moi j’me casse à la scierie chercher des planches parce que je trouve juste belle et chaleureuse l’idée que des amis participent au fait qu’à terme, un buffet, une étagère ou une table trône dans mon salon!

Roubo

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Etabli d’atelier, en hêtre massif.

Le travail du bois à la main, c’est chouette mais avec un bon établi, c’est tellement mieux…!

Ça, on s’en rend compte très très vite quand on commence à raboter à la pogne sur un établi de grande marque d’électroportatif.  Vous savez, le truc de fabrication un peu cheap que l’on s’offre quand on se met au bois, parce que c’est compact, léger, et ça prend très peu de place une fois rangé…
Et je ne vais pas vous cacher que cet établi en tôle pliée m’a sauvé la mise dans mon petit appartement du centre ville de cette capitale régionale.
Mais justement, le problème est bien là: c’est compact et léger…  Et comment on fait quand on veut travailler de longues pièces?  Et comment on fait, nous, quand l’établi commence à faire des sauts de cabri à travers la pièce sous les coups de rabot?  […lire la suite]

Et parce que la fabrication de cet établi a été un moment unique voici quelques belles images glanées ça et là qui permettront de prendre la mesure de la beauté de cette étape majeure dans l’équipement de mon atelier!

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En attendant Roubo…

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Une fois n’est pas coutume, en attendant le prochain projet qui se termine très très  bientôt et sur lequel je travaille depuis quelques mois maintenant (encore un projet majeur pour l’équipement de l’atelier), j’avais envie de partager un petit peu ce qui me passe par la tête quand les copeaux volent dans la pièce …

En effet, on oppose souvent le travail à la main et le travail à la machine…  Comme si la dichotomie était parfaite et qu’il fallait choisir un camp ou l’autre, celui des progressistes ou celui des réacs.   Comme si il fallait décider entre rentrer de plein pied dans la société consumériste et progressiste ou s’accrocher à la tradition quitte à verser dans le passéisme.

Certes, j’ai mon idée mais tout est une question de savoir ce qui est le plus adapté à ce que l’on veut faire et aux contraintes que l’on a (on parle voisinage, espace, poussières, volume du porte monnaie, etc…).
Alors c’est très consensuel comme position, j’en conviens, mais le but du jeu, ici, c’est de débroussailler un peu les idées reçues et autres préjugés sur ces deux manières de travailler le bois.

D’un point de vue très formel, parlons tout d’abord du travail à la main.

Avantages du travail à la main:

  •  silencieux
  • peu de poussière générée mais beaucoup de copeaux (qui augmente agréablement la température de votre intérieur en hiver ;) )
  • avec une cinquantaine d’outils, on réalise 99,9% des projets (cf. Chris Schwarz, « The Anarchist Toolchest »), mais il en faut une petite vingtaine pour commencer à s’en sortir dans la grosse majorité des projets.
  • budget d’équipement modéré
  • pas de consommation d’électricité
  • peu de consommables
  • nécessite peu d’espace de travail
  • on peut faire tout l’entretien soi-même (affûtage des lames rabot, scie, ciseaux, etc…)
  • adapté pour le prototypage et la toute petite série
  • aucun électron n’est maltraité lors d’une session de travail du bois à la main
  • aucune nécessité de fabriquer et entreposer de nombreux gabarit
  • les blessures engendrées par la manipulation des outils, à moins de vraiment le chercher, restent superficielles
  • adapté à des techniques utilisant des mesures relatives
  • permet un travail d’une grande précision
  • c’est un travail qui demande de la finesse et beaucoup de réflexion
  • permet d’appréhender et comprendre la matière bois de façon beaucoup plus complète parce que plus directe
  • rend le travail du bois gratifiant

Inconvénients du travail à la main:

  • demande de l’expérience et un certain tour de main (cf. internet qui est une mine d’or sur les techniques)
  • demande un entretien régulier des outils (huiler les semelles de rabot, affûtage régulier, etc…)
  • enlever beaucoup de matière demande du temps et beaucoup d’huile de coude ou à défaut il faut utiliser la bonne technique
  • on se blesse plus fréquemment avec les outils à main
  • technique peu adaptée pour les moyennes et grandes séries (à partir de 3+ pièces)
  • moyennement adapté aux méthodes modernes de fabrication (à partir de plan, basée sur des mesures absolues)
  • le budget muesli augmente!

Et de l’autre côté,

Avantages du travail à la machine:

  • adapté à la moyenne et grande série
  • une fois réglée, ça va vite et ça avale de gros volumes de bois
  • adapté donc pour enlever beaucoup de matière
  • adapté aux grandes surfaces de bois à travailler
  • adapté aux mesures absolues
  • les blessures sont peu nombreuses

Inconvénients du travail à la machine:

  • en revanche, lorsqu’on se blesse, ça se termine très vite aux urgence avec une hémorragie sérieuse, le sectionnement d’un (ou plusieurs) doigts…
  • technique qui produit beaucoup de poussière
  • nécessite un système d’aspiration conséquent
  • méthode de travail gourmande en temps de réglage
  • budget d’équipement élevé
  • consommables (patins de ponçage, fraises de défonceuse, etc…)
  • Machines lourdes, bruyantes, onéreuses et encombrantes
  • nécessite beaucoup d’espace à équipement équivalent
  • nécessité d’externaliser l’entretien ou à défaut de s’équiper d’affûteurs de lames de scies circulaires par ex.

Alors étant donné la configuration particulière de mon « atelier » (c’est mon appartement) et le peu d’espace à disposition, je privilégie le travail à la main et ne sollicite la machine que lorsqu’il me faut percer parfaitement perpendiculairement (par fainéantise) ou raboter des gros volumes de bois.  Et des associations ou autres ateliers participatifs sont implantés aux quatre coins de la France et mettent à la disposition de ses adhérents des dégau-rabo et autres machines…  Et ils vous forment avec le sourire!

Non pas que j’utilise exclusivement des outils à main, j’emploie aussi la machine quand les volumes à débiter sont importants ou les opérations sont répétitives, mais il y a une autre dimension essentielle pour moi dans le travail à la main: les objets fabriqués à la main ne sont que le produit de notre propre savoir faire, de notre propre réflexion et de notre seule sueur.  Ce sont surtout des objets qui sont de fait construits pour durer, pour peu que les techniques employées soient conformes aux règles de l’art, et qui donc sortent du cercle de la consommation de meubles, d’outils et de matière.

Le travail du bois à la main est pour ce qui me concerne un acte radical qui a pour objet de casser ce cercle de remplacement continuel.
Il s’agit d’un acte qui prend racine dans le temps et s’inscrit dans la durée, à la fois de par le temps que nécessite l’acte de fabrication mais aussi de par la longévité de l’objet produit.
Radical en ce sens qu’il marque une réappropriation des savoirs et savoirs-faire, ainsi que la sortie d’une logique envahissante qui tend à laisser à d’autres le soin de faire et de penser pour nous la forme de nos intérieurs.
Et il va du bois comme de nombreux autres domaines…
C’est en cela radical qu’il s’agit d’aller à contre-courant et retourner au plus près de la matière, de diminuer les intermédiaires pour sentir la résistance au coup de ciseau qui permet de comprendre le fil du bois que l’on travaille mais aussi le niveau d’usure du fil de l’outil, ces petits signes imperceptibles qui font qu’entre la pièce, l’outil et soi se tisse un lien intime, ultime, presque fusionnel, qui permet au final d’aboutir à la forme désirée…

Sur ce,  je retourne à mes moutons: j’ai un établi à faire avancer…!

Anarchist Toolchest

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Coffre à outils, en pin rabouté.

A GROS projet, GROS article…!

Alors allez vous servir un grand verre d’eau, sortez une bonne bière du frigo, éteignez vos portables, on attaque là un projet qui envoie du lourd: la fabrication d’un coffre à outils

C’est que je commençais à accumuler des outils qui traînaient à droite, à gauche et rangés (parce que la grammaire française impose un verbe ici mais rangé serait un euphémisme) dans moult cartons différents, eux-même éparpillés dans toute la pièce…  Évidemment, impossible de mettre la main sur […lire la suite]