Une Toute Nouvelle Page Index!

A l’occasion de son anniversaire, T2WoodWorks s’enrichit d’une toute nouvelle page Index dans laquelle les articles sont répertoriés, classés par thématique et accessibles directement.

Alors ça y est, la poussière est désormais faite, la table est débarrassée, la vaisselle est propre et je viens de mettre les bouteilles vides dans le conteneur à verre.

Vous me l’accorderez, l’appart est tout de même beaucoup plus praticable!!!

Api Beurzdé T2WW et T2WW+!

Oh, mais comme le temps passe et comme il a grandi…! Ca fait un bout de temps, dis donc… On dirait que c’était hier!

Eh oui, ça fait 7 ans, aujourd’hui et jour pour jour, que T2WoodWorks et T2WoodWorksPlus – son pendant technique – sont nés, 7 ans qu’a été posté le tout premier article!
Cela fait 7 ans – j’ai vraiment du mal à le réaliser! – que ces deux blogs s’attachent à parler d’une manière différente de travailler le bois.
7 ans qu’ils montrent et démontrent, l’un comme l’autre, que l’on peut travailler le bois en autodidacte, sans faire appel à la moindre incantation ou le moindre gri-gri pour obtenir des résultats dont on n’a pas à rougir et qu’avec un peu de bon sens et de volonté, pour peu que l’envie et la flamme soient là, finalement rien n’est impossible!

Ces deux blogs montrent aussi depuis 7 ans qu’il n’est pas nécessaire d’être équipé des machines dernier cri ou d’un atelier de 150m² pour mener à bien des réalisations qui tiennent la route.

Quand ces blogs ont démarré il y a 7 ans (mon dieu, 7 ans!), je n’imaginais pas un seul instant que cette aventure allait mener aussi loin!
Ces petites pépites que je dégote sur le net et que je partage sur les pages de ces blogs, les réalisations dont les abonnés ne perdent pas un seul copeau, les considérations techniques mais également les réflexions un peu plus larges et profondes sur le travail du bois sont en réalité le sommet émergé de l’iceberg de ce qui s’est joué en l’espace de ces sept années. De visible, il y a également ce cycle « les fondamentaux du travail du bois à la main » déjà suivi par presque quarante personnes et qui leur a permis de poser les bases ou d’enrichir leurs connaissances pour travailler le bois à la main, un cycle, soit dit en passant, que je ne compte pas laisser orphelin…

Ce qui est moins visible, au travers de la lorgnette de ces deux blogs du moins, ce sont les 15 articles publiés sur le travail du bois à la main dans le magazine Le Bouvet grâce au travail collaboratif que nous menons avec Hugues Hovasse, son rédacteur en chef, et Luc Tridon, son secrétaire technique de rédaction.
Ce qui est moins visible également, ce sont ces très belles rencontres autour du travail du bois jusqu’à ces amitiés qui se sont nouées au gré des échanges que nous avons eu, notamment pendant le Salon Habitat et Bois qui se tient chaque année à Epinal, là où la Xylosphère se retrouve.
Et puis je ne pourrai revenir sur ces 7 années sans parler de ces sacrés coups de pouces (ceux qui en sont à l’origine se reconnaîtront) qui ont rendu les choses tellement plus simple…

Alors si aujourd’hui cela fait 7 ans qu’au travers des lignes de ce blog on discute ensemble de ce qui tourne autour du bois, si cela fait 7 ans que l’on y parle d’outils, de techniques, de réalisations en adoptant une approche moins « mécanique », plus globale et plus autonome du travail du bois, il faut reconnaître que le contenu a sérieusement pris de l’ampleur: T2WW totalise à ce jour pas moins de 69 articles tandis que T2WW+ en totalise lui 38.

J’ai pour le coup la vague impression de déjà-vu: je revois ma mère plantée sur le pas de la porte de ma chambre d’adolescent à me faire remarquer en fronçant les sourcils « Dis-donc, ça commence à être le foutoir dans ce T2 »!
Je me disais donc que cet anniversaire était l’occasion rêvée de faire un peu de rangement, de nettoyer l’évier et de passer un coup d’aspi sur les plaintes…

Il me reste à faire la poussière, débarasser la table et vider les bouteilles dans le conteneur à verre… L’appart sera beaucoup plus praticable!!!

Attention, le tenon mortaise conique est un assemblage dangereux!

Le tenon-mortaise conique est un assemblage incontournable dans la réalisation de certaines formes de chaises et de tabourets. Il est principalement mis en œuvre pour l’assemblage entre les pieds du piétement au plateau de l’assise. Les tenons coniques portés par les pieds viennent s’insérer dans les mortaises qui leurs correspondent et qui sont pratiquées dans le plateau. Les mortaises sont bien entendu également coniques, et de forme complémentaire.

Cet assemblage s’il est bien réalisé est très robuste mais pour qu’il le soit, il y a des règles à respecter, notamment celle qui impose que l’angle du cône du tenon soit identique à l’angle du cône de la mortaise qui l’accueille.
L’assemblage est réalisé au maillet en venant coincer le tenon dans la mortaise. On frappe l’extrémité du pied et c’est au son des coups que l’on sait si les pièces ont adopté leur place finale l’une par rapport à l’autre. [Lire la suite…]

Ca arrive…

Il y a maintenant trois semaines, Samuel Mamias (à la tête de la chaîne YouTube qui porte le même nom) me contactait pour me proposer d’intervenir dans le cadre d’un évènement qu’il organise: une rencontre autour du bois.

De quoi s’agit-il? D’une rencontre virtuelle via les plateformes de communication entre des personnes qui promeuvent différentes approches du travail du bois.

Est-ce que je vais y prendre part comme c’était initialement sous-entendu?

Non, ce ne sera pas le cas.

Aussi surprenant cela puisse paraître, la raison en est simple: un cafouillage, un raté, une bourde, une erreur, un loupé imputable très certainement à une coordination approximative ou une grande précipitation dans l’organisation de l’évènement amène la photo de groupe à être incomplète et amputée. Or par la suite, l’erreur ne pouvait être rattrapée.

Parce que j’estime que l’approche que je défends a tout autant sa place et tout autant d’importance que celles portées par les autres intervenants, ni plus, ni moins, l’équité doit être de mise quant à la visibilité dont les différentes approches doivent bénéficier.

Et cette fois-ci, ça ne pouvait hélas pas être le cas.

Qu’à cela ne tienne: si personne n’est à l’abri de cafouillages, je suivrai néanmoins les discussions avec beaucoup d’attention.

Kiguminoie

Non, je ne suis pas bilingue en japonais mais ça ne m’empêche pas d’être sensible à cette petite perle qu’on m’a récemment envoyé (merci Manu!) et que je partage ici pour le plaisir des yeux!

Il s’agit d’une vidéo sur la charpente traditionnelle japonaise qui n’a à priori rien à voir avec l’ébénisterie traditionnelle occidentale mais qui se penche sur la question de la concurrence de la machine quand on travaille à la main.
L’échelle des réalisation et les techniques diffèrent, certes, mais le matériau utilisé reste le même, les outils mis en œuvre sont semblables. D’ailleurs même si on a comme moi quelques difficultés à comprendre le japonais et qu’on n’est pas très doué en anglais, les images sont ici très instructives et parlent d’elles-même.
Les yeux regardent et le cœur apprend.

(tiré d’une discussion qui questionne la nécessité de travailler à la machine):

« Si tu n’es pas en mesure de travailler au ciseau à bois avec un bon niveau de précision, il n’y a aucune raison de travailler avec des outils à main »

Turo Abo – [17:09]

Charpentier, menuisier, ébéniste?

On me demande souvent: « Seb, c’est quoi ton domaine? La charpente? La menuiserie? L’ébénisterie? »

Jusqu’à il y a quatre ou 5 ans, je pensais en toute honnêteté être menuisier: pour moi, l’ébéniste définissait un artisan qui s’attèle à la réalisation de meubles à partir d’essences communes de bois (et donc peu onéreux) qui sont plaquées d’essences de bois plus noble.
A l’époque, je n’étais pas loin de penser que cette pratique n’avait d’une certaine manière rien à envier à celui qui colle un autocollant turbo à l’arrière de sa Renault Fuego ce qui éthiquement parlant m’en éloignait fortement. Et puis mon argument principal – et néanmoins erroné – était qu’au contraire de ce que je pensais être de l’ébénisterie, je mettais en œuvre du bois massif non plaqué.

Or je retrouve souvent une confusion dans la bouche des gens entre les différents corps de métier liés au bois. Et même si la frontière entre les différentes pratiques sont parfois ténues, voici un peut le fruit de mes réflexions et de mes recherches:

La Charpente est le domaine du travail du bois qui porte le moins à la controverse: le domaine de la charpente recouvre la conception, la taille et la pose de structures en bois mises en œuvre dans le gros œuvre du bâtiment. La charpente touche directement à la structure du bâti et on parle de charpente de couverture, de plancher, de ponts, de machines, etc… Source wikipedia. C’est du lourd, du costaud. Les sections des pièces peuvent excéder 25cmx25cm et il est nécessaire de mettre en œuvre des machines de levage pour permettre le déplacement des pièces.

La Menuiserie. Le mot provient avec une grande vraisemblance de la contraction de deux mots: « menue » et « huisserie » (petites fermetures par opposition aux portes des châteaux qui barraient l’entrée aux assiégeants). La menuiserie s’attèle donc à la réalisation des fermetures du bâtiments: portes, fenêtres, volets et persiennes. En tout état de cause, aux réalisations rattachées au bâti (plancher, escaliers, aménagement, etc…). Et j’en veux pour preuve que le métier de menuisier est un métier réglementé qui nécessite l’obtention d’un CAP pour pouvoir exercer et qui fait l’objet d’une garantie décennale dans le cadre de son activité.

L’Ebénisterie provient étymologiquement du mot ébène et traduisait traditionnellement l’aptitude d’un artisan à plaquer un meuble d’une essence différente et de plus grande noblesse que l’essence de bois qui constitue la structure du meuble. L’artisan peut s’installer à son compte sans nécessairement être titulaire d’un quelconque diplôme.

Je précise « traditionnellement », parce que si je m’en réfère à Wikipédia, la définition de menuisier (que je trouve personnellement un peu succinte et légère) ou d’ébéniste donnée par le site se rattache à la forme traditionnelle de chacune des deux professions.

Or, il me semble que ces deux métiers ont évolué au cours des dernières décennies et le menuisier aujourd’hui se définit davantage comme l’artisan qui travaille différentes matières (dont le bois bien évidemment, mais également l’aluminium et le PVC) pour la fabrication de réalisations qui vont venir et améliorer le bâtiment en tant que tel (escaliers, fenêtres, parquets, cloisons, etc…) tandis que l’ébéniste est davantage rattaché à la réalisation de meubles qui sont autonomes et donc indépendants du bâti.

D’ailleurs si les différents sites que j’ai pu consulter ne sont pas totalement unanimes, un consensus semble néanmoins se dessiner. Si l’un d’entre eux reste flou sur la différence entre ébéniste et menuisier en se rattachant à une définition plutôt classique de chacun des deux métiers, les autres se rattachent à l’idée que le menuisier travaille effectivement sur le bâti en mettant éventuellement en œuvre des matériaux autres que le bois pour réaliser des portes, des fenêtres, installer du parquets, concevoir et fabriquer des escaliers, poser de l’agencement (des meubles attachés au bâti, donc) pendant que l’ébéniste lui produit des meubles autonomes en bois massif (plaqué ou non) dans une démarche, et c’est sa spécificité, plutôt teintée de création artistique.
Alors, on n’est bien d’accord, ce n’est pas la force du nombre qui donne un caractère véridique à ce type de définitions mais il faut bien avouer qu’il y a tout de même une certaine cohérence dans cette manière de tracer les lignes de séparation entre ces deux disciplines.

Une manière simple (et simplificatrice, je le reconnais), s’il me fallait résumer le propos: si la réalisation vous suit au cours d’un déménagement, c’est de l’ébénisterie. Si elle doit rester sur place, c’est de la menuiserie.
A moins que vous ne déménagiez de Vierzon à Pitibon-sur-Saône avec les volets sous le bras auquel cas, je serai en mesure d’estimer qu’il s’agit d’une activité qui relève purement et simplement du sabotage d’article de blog!

Ainsi, si à l’époque j’étais convaincu que la menuiserie correspondait au type de réalisations que je faisais, le domaine du travail du bois que j’embrasse est en réalité et sans aucune ambiguïté l’ébénisterie.

Alors… Viva l’ébénisteria! Viva!

Chaise traditionnelle galloise
Chaise traditionnelle galloise (de type Windsor)

Sources
https://www.artisan-ebeniste.com/difference-ebeniste-menuisier/
http://www.esm-tn.com/quelles-differences-entre-un-menuisier-un-ebeniste-et-un-charpentier/
https://www.vallon-faure.com/toutes-les-breves/vie-de-lentreprise/differences-entre-menuisier-vs-ebeniste/
https://travaildubois.wordpress.com/2017/11/13/1-la-difference-entre-un-menuisier-et-un-ebeniste/
https://www.laculturegenerale.com/charpentier-ebeniste-menuisier-difference/

De l’emploi intelligent du matériau bois: la reconstruction de la Charpente de Notre Dame

Mon oncle travaille en tant que chercheur dans un laboratoire affilié au CNRS en physique nucléaire.

Ça ne s’invente pas: il en faut toujours un dans la famille et c’est tombé sur lui, mais j’ai toujours trouvé bizarre de constater du haut de mes neuf ans que quand on éteignait la lumière, il brillait encore…

Quel rapport avec Notre-Dame?

À l’époque trainaient chez lui des numéros de la revue « La Recherche » ou du « Journal du CNRS ».  Et je trouvais ces magazines proprement imb!£@ble… Pardon… Austères et rébarbatifs.  La mise en page était d’une sobriété qui n’avait d’égale que le programme de production des kolkhozes de l’entre-deux guerres et les textes, d’un ennui rare, me parlaient autant que l’œuvre de Kant pouvait le faire à un collégien de 13 ans. Et je suis resté avec cette opinion pendant des années…

Jusqu’à aujourd’hui.

Aujourd’hui je suis tombé sur cet article du Journal du CNRS qui montre la cohérence de la mise en œuvre traditionnelle du bois pour la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris.

Un article qui fait écho au premier atelier de la session que je propose sur « Les Fondamentaux du travail du bois à la main ».

Aujourd’hui, on rase gratuit!

Derrière le travail du bois à la main on imagine souvent un type baraque, chemise à carreaux, barbe volumineuse jetant copieusement du copeau à travers la pièce à l’aide de son rabot que des muscles saillants et moites de sueur viennent propulser…

Au risque de décevoir les bûcheronophiles, c’est rarement le cas…
Le travail du bois à la main n’est pas réservé aux golgoths: il suffit d’un peu de technique, ne pas être trop gourmand dans les passes et conserver ses tranchants bien affûtés pour envoyer du… bois justement. D’ailleurs, il y a des morphologies cotons-tiges qui rabotent de la planche avec bien plus d’efficacité que des gros balèzes clairement body-buildés.

D’ailleurs en parlant de tranchants bien affûté, il y a un autre phénomène qui arrive inévitablement: à force d’affûter ses outils et tester ses tranchants sur le dos de la main, il y a des chances pour que votre menotte finisse par montrer – temporairement du moins – des signes de capillarité défaillante…
Vous saurez alors très vite si la personne avec qui vous êtes en couple vous aime pour ce que vous laissez transparaître ou pour ce que vous êtes, vraiment, tout au fond de vous à l’intérieur du cœur…!

#aujourd’huionrasegratuit

On n’est jamais à l’abri…

Non, décidément, on n’est jamais à l’abri d’une coquille… J’ai beau avoir eu la chance de travailler avec des intégrales triples, des équations aux dérivées partielles, avoir eu à me frotter aux notions mathématiques avancées de topologie, il m’arrive tout de même de faire des erreurs d’inattention en manipulant des formules pourtant bien plus simples.

C’est ce qui s’est passé quand j’ai rédigé l’article sur la réalisation d’un plateau de table rond paru dans le n°206 du magazine Le Bouvet: la formule donnée page 11 qui permet de calculer la demi-longueur hi de lame constituant le plateau est erronée.

Cette formule s’appuie sur le théorème de Pythagore qui stipule que dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des deux côtés. Or c’est bien un des côtés du triangle rectangle que l’on recherche:

La formule du calcul de la longueur de lame est donc fausse:

et doit être remplacée par la formule suivante:

Si un dicton populaire dit « seuls ceux qui ne font rien ne font pas d’erreur », je préciserais qu’on est tout de même en droit d’attendre de ceux qui font qu’ils le fassent bien. Je m’attacherai dorénavant à être plus vigilant sur la relecture de mes formules.

Bonne lecture!

Outilleurs sur bois

Outilleurs sur bois est Reportage de la Radio Télévision Suisse, tourné dans les années 1980 dans les environs de Genève.

Ce reportage est intéressant à plus d’un titre. Les images qui semblent dater d’une autre époque permettent d’observer des gestes très efficaces pour le travail du bois à la main, je pense notamment au travail à la varlope à fût en bois avec le coude de la main non dominante en l’air et le parage de surfaces à l’épaule. Elles montrent des outils rares, notamment ce ciseau à chanfreiner les arêtes, et c’est une occasion rare de rencontrer des gens riches et touchants qui sont aux antipodes de la start-up nation du XXIème siècle.

Et puis si vous êtes nostalgique de l’accent suisse du canton de Genève, il y a des chances pour que vous versiez une petite larme!

Très belle année 2021 à vous tous et tous mes vœux de plus beaux copeaux!