La Vie Solide – Arthur Lochmann

Je lis peu…

En réalité, ce n’est pas exactement ça: je lis beaucoup d’ouvrages la plupart du temps des livres techniques, souvent en anglais, mais je lis peu d’essais et peu de romans. Pour ainsi dire jamais. Trop peu de temps pour cela…
Et dans ce quasi désert littéraire, il est des livres qui passent dans nos vies comme des trains traversent des gares. Sans s’y arrêter. Mais il y en a qui vous tirent par la main et vous emportent vers une pensée lointaine mais qui résonne au plus profond et parle à l’intime.

La Vie Solide est de ceux là.

Arthur Lochmann, son auteur, après des études de droits et de philosophie a embrassé le métier de charpentier. Une expérience riche, concrète, directe et solide de laquelle sont tirés les récits et les réflexions de ce livre.

Il explique dans cet essai comment un métier manuel et concret, comment le travail de la matière (et quelle matière: le bois, matière vivante par excellence) permet de s’ancrer dans un monde dans lequel tout bouge, tout est mouvant et tout est changement. Un monde dans lequel ces changements qui s’inscrivent dans des cycles de plus en plus courts figent paradoxalement le temps qui passe parce qu’ils éteignent la confiance que nous pouvons avoir en l’avenir au lieu de lui donner de l’épaisseur, de la profondeur et de la consistance.

Il explique l’importance fondamentale de l’intelligence pratique, l’importance du geste et des savoirs-faire. Il décrit une pratique qui s’inscrit dans le temps long, une pratique vieille et riche de plusieurs siècles et qui s’appuie sur la transmission d’un savoir, savant mélange de tradition et de modernité, un savoir essentiel à la tenue des structures et des bâtiments qui traverseront les siècles. Il s’agit d’une pratique qui confère à celui qui l’embrasse une vie riche et solide et dans laquelle le résultat concret de l’ouvrage construit reste tout à la fois le critère unique de succès de la démarche ainsi que la vitrine indéfectible du savoir faire de l’artisan.

Et parce que ce qu’Arthur Lochmann décrit dans le domaine de la charpente est en grande partie transposable dans le domaine de la fabrication de meubles selon des méthodes traditionnelles de construction, ce livre est un véritable petit bijou à lire qui permet d’appréhender le travail du bois dans une dimension autrement plus riche que la simple juxtaposition et l’assemblage de pièces entre elles. Il remet en lumière la grande noblesse de cette pratique dense, épaisse et solide qui nous recentre tout à la fois dans le moment présent de nos propres vies et dans la continuité du temps qui s’écoule.

L’interview d’Arthur Lochmann par Laure Adler sur France Inter est disponible en écoute ici.

Outils dans le système de mesure impérial ou métrique?

On peut grossièrement scinder les amateurs de café en deux groupes: il y a ceux aiment l’arabica et ceux qui préfèrent le robusta.

Et c’est amusant parce que peu de temps après avoir commencé à travailler le bois à la main, la question du choix du système de mesure dans lequel les caractéristiques de mes outils s’inscrivent s’est longtemps posée: faut-il impérativement opter pour des outils uniquement compatibles avec le système métrique dans lequel on baigne en Europe ou bien les outils du système impérial pourraient-ils parfaitement faire l’affaire?

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Mon beau sapin… (de quoi compléter sa liste de cadeaux pour Noël! 2019)

Juste histoire de planter le décor et de plonger dans l’ambiance… En musique de fond de cet article, je sortirai ce petit vinyle de derrière les fagots pour le poser délicatement sur la platine… Ambiance!

Eh! Vous non plus vous ne l’avez certainement pas loupé: Noël approche. Les guirlandes fleurissent dans le ciel de nos villes, les lumières du jour sont plus cotonneuses, les jours deviennent étonnamment plus courts et les odeurs de marrons grillé nous caressent le museau…

Voici donc un article de saison… Et une fois n’est pas coutume, il s’agit d’un article consacré exclusivement au matériel, un article pour vous aider à choisir un cadeau pour votre doux ou votre douce ou un article qui vous permettra d’étoffer la liste au Père Noël et la glisser discrètement dans la poche arrière de votre blonde ou votre cheum. Bref, une liste de choses et d’autres qui s’efforce d’embrasser une gamme de prix la plus large possible. Alors non, il n’y a rien dans cette liste qui soit absolument indispensables pour travailler le bois mais c’est en revanche bien pratiques dans l’atelier et à l’établi!

Les prix sont bien évidemment fournis à titre indicatifs et se veulent en réalité plus des ordres de grandeur qui vous permettront de savoir où vous mettez les pieds que des prix réellement indiqués sur l’étiquette.

Et puis vous allez très vite vous en apercevoir mais cette liste parle de marques et des modèles. Et je le fais avec d’autant plus sérénité que:

  1. Dans un marché aussi confidentiel que l’outillage pour le travail du bois à la main il n’y a pas trente-six alternative et tout le monde les connait. Et si vous n’êtes pas encore familier avec ce milieu, vous allez vite le devenir.
  2. Je ne prends aucun plaisir à tortiller des fesses en utilisant des périphrases du type « le fabricant canadien d’outils » ou « la marque de rabots du Maine ».
  3. Il s’agit d’outils ou de produits que je possède moi-même et j’en parle d’autant plus facilement que je les utilise et les connais.
  4. Cette liste a été établie de manière indépendante, libre et personnelle. Elle est le fruit de ma seule expérience et je ne retire aucun avantage particulier à parler de telle ou telle chose, si ce n’est la satisfaction de savoir que l’utilisation de ces outils et accessoires vous seront d’une grande aide dans la pratique!

Alors attaquons!

Trusquin double (+ accessoire de solidarisation des tiges)

60€ environ.
Avant, pour tracer mes tenons et mes mortaises, je m’escrimais avec deux trusquins. Deux trusquins qu’il fallait que je dérègle pour tenter de reprendre la bonne côte si jamais la pièce qui accueille la mortaise devait être plus large que celle qui porte le tenon (et c’est souvent le cas de piètements sur des tables classiques). Résultat, l’impact sur ma précision de tracage était réelle et l’ajustement de l’assemblage s’apparentait plus à une jambe après trois semaines de plâtre qu’à de l’usinage de précision des platines de support des satellites à monter sur la fusée Ariane.

Mais ça, c’était avant, … avant d’utiliser un trusquin double. Non pas que je sois en mesure de construire des fusées, juste que mes tracés sont aujourd’hui simplifiés et plus propres.

On trouve différents types de trusquins doubles:

  • Ceux à pointe de modèle anglais qui trace bien les deux flancs de la mortaise ou les deux joues du tenon à la fois mais il ne présente pas de moyen d’assurer une distance constante entre les pointes quand on règle la distance au sabot de l’outil.
  • Ceux à disque qui présentent deux disques séparés d’une entretoise et qui se montent en bout de tige (cf. les trusquins Tite-Mark de chez Glen Drake). Ce sont des trusquins extraordinaires mais ce système n’est pas des plus pratiques: comme il impose une distance fixe entre les deux disques, il est impossible de choisir une distance intermédiaire entre les tailles proposées. De plus, tout changement d’écartement entre les disques (donc de la largeur de la mortaise ou du tenon) n’est possible qu’à condition de démonter le dispositif et d’en monter un autre.
  • Veritas a sorti un excellent trusquin double dont je ne me séparerai pour rien au monde (Ah vraiment? Oui, vraiment!). Le trusquin présente deux tiges. Chacune des tiges est verrouillable indépendamment sur le corps de l’outil et une petite molette particulièrement bien pensée permet de solidariser les tige entre elles et de reprendre la distance de l’élément d’assemblage au flanc de la pièce sans avoir à dérégler la largeur du tracé. Il faut juste s’assurer que la molette est bien serrée avant de toucher au réglage mais elle le sera parce qu’elle a la fâcheuse tendance à se faire la malle si jamais le serrage n’est pas bien accompli.

Bref, un outil indispensable pour le tracé précis des assemblages à tenon-mortaise et surtout un outil très bien pensé et dont le prix reste comparativement et somme toute modeste.

Compas à pointe sèche

40 à 50€ environ.
Des compas à pointe sèche, il y en a des tonnes. Prenez le compas qu’on glissait dans nos trousses, à l’école. Il suffisait de remplacer la mine graphite par une pointe généralement fournie pour que le compas devienne un compas à pointe sèche (et ce n’est que bien plus tard que j’ai réalisé et compris ce à quoi ça pouvait servir!). Ouaip…

Maintenant, si on parle de compas à pointe sèche pour tracer des queues d’aronde, je ne vais pas passer par quatre chemins: j’utilise des compas à pointe sèche Starett, petits et grands modèles.

Et qu’ont-ils de plus que les autres? les jambes sont effilées au possible, c’est à dire qu’elles terminent par une pointe, une vraie. De celles qui font naître une goutte de sang au bout du doigt si on appuie trop fort. Et…? Eh ben c’est avec ce type de pointe qu’on peut reporter des distance avec précision, déterminer des emplacement de queues d’arondes pour réaliser un assemblage propre. Et puis le ressort est robuste et force l’écartement. Pas de déréglage possible au tracé comme on pourrait l’avoir sur un outil trop mou.

Il existe en deux taille (et donc en deux prix) en fonction de l’écartement maximum que l’on souhaite: env. 150mm pour la grande taille et 75mm pour le petit modèle.

Bref, un outil plus cher que ce que l’on trouve en GSB, certes, mais dont le prix est à la hauteur de ce que l’on a en main: un véritable compas à pointe sèche.

Équerre à talon de mécanicien

20€ environ.
Une équerre de mécanicien c’est une équerre plate qui présente un talon en forme de T. C’est un outil qui n’a pas son pareil pour reporter un trait d’une face à l’autre, tel que le tracé de la ligne de base d’un tenon ou d’un assemblage à queues d’arondes. On vient plaquer « une aile » du T sur l’arête et on fait glisser l’outil à la côte désirée. Il ne reste plus qu’à tracer.

C’est un outil dont la construction est d’une simplicité biblique et dont le prix reste très très modeste pour un service rendu exceptionnel! On trouve ce type d’outil dans les GSBs et sont parfois appelées « équerres de mécanicien ». Facom en fait de très bonnes.

Critérium 0.3mm

20€ environ.
Ce critérium est destiné à ceux qui tracent leurs assemblages au tranchet et au trusquin (à lame ou à pointe). Et quand on cherche de la précision d’assemblage, le tranchet et le trusquin deviennent obligatoires.

Un crayon pour tracer au tranchet? Oui. Mais pas pour tracer. Pas exactement en tous cas. Je l’utilise pour reprendre les traits laissé par la lame du tranchet ou le disque inciseur du trusquin qui peuvent rapidement se perdre dans les méandre du fil du bois et ne plus être bien visible. Sa fine mine se loge dans le sillon laissé par l’outil de traçage et vient mécaniquement suivre le trait. Elle noircit les bords de part et d’autre ce qui redonne de la visibilité et évite des erreurs!

Même si la mine est cassante et qu’il faut prévoir une recharge, lui non plus, je ne m’en séparerai pas. Vous en trouverez dans tout bon magasin de fourniture de bureau ou les grandes enseignes de loisir créatif.

La vie solide (Arthur Lochmann)

15€ environ.
Titre: La vie solide, la charpente comme éthique du faire, 203p.
Auteur: Arthur Lochman
Editions: Payot

Un essai très intéressant sur le métier de charpentier en charpente traditionnelle et par extension sur le métier du travail du bois à la main. Un petit bouquin de poche à ouvrir et dont on se délecte au coin du feu!

Tablier en toile dure

50€ environ.
Vous connaissez coeur-croisé de Playtex? Eh ben même si ce soutient-gorge est au dessous coquin ce que le minitel est à la communication réseau, il a un peu à voir avec ce qui vient…

Je veux parler d’un accessoire vraiment adapté aux boiseuses et aux boiseux et dont je ne me serai jamais douté qu’il prenne une place aussi importante dans ma pratique: le tablier.

Mais le tablier, c’est pour les papis! Ben non… Ou sinon… Mince, mais je serais tombé de l’autre côté de la barrière?!

Quoiqu’il en soit, c’est un tablier confectionné dans une toile qui s’apparente à une cote de maille. Je n’irai pas la tester en tenant de me planter un ciseau à bois dans le ventre mais elle est d’une résistance impressionnante. Le tablier couvre bien l’ensemble du torse. En largeur de part et d’autre en allant d’une aisselle à l’autre, et en hauteur il part de la base des clavicules pour descendre au bas des cuisses. Avec lui, je ne crains plus les gouttes de colle, le tranchant ou les dents des mes outils et j’ai toujours un crayon, une petite équerre, un réglet et un mètre ruban à porté de main.

Ses bretelles sont croisées dans le dos, ce qui lui confère un confort franchement étonnant (vous voyez la référence à coeur-croisé???). Et puis il est équipé d’une multitude de poches qui sont très bien pensées et positionnées mais qui demandent un peu de rigueur pour ne pas perdre ce que l’on y range…

Après, pour les fétichistes, il est tout à fait possible de le porter nu… Sauf que là, on sort clairement du champ des sujet de ce blog…!

Flacon d’huile de Camélia

15€ les 250mL environ.
Un petit flacon de parfum euh d’huile de Camélia, à offrir dans son conditionnement en spray pour ravir les boiseuses et boiseux les plus exigeants…!

Surtout pour ceux qui n’ont pas encore vu leur semelle de rabot rouiller. On n’en fait pas une consommation démentielle non plus mais c’est indispensable à l’entretien des outils tranchants (et parfois même à l’entretien des outils de traçage), outils qui sont constitués de fonte ou d’acier qui garantit la longévité de leur tranchant et leur stabilité dimensionnelle mais qui rouillent dès qu’on pose le regard dessus.
Un coup de chiffon imbibé de deux ou trois pulvérisations et le tour est joué.

Alorsoilà, la liste est terminée pour cette année et vous avez déjà de quoi faire…!

Alors maintenant qu’on attaque sérieusement les chocolats du calendrier de l’avant, je dois vous faire une petite confidence: moi, quand je chante « mon beau sapiiiiiiiiing… Roi des foreêêêêêêêêt… », ce n’est pas nécessairement le signe d’une glorification béate pour un pinus quelconque… Non non, c’est juste que j’ai hâte qu’il passe à la casserole parce qu’en le voyant, je ne vois que des planches et j’ai un paquet des idées de réalisations qui me passent par la tête!!!

Un joyeux Noël à vous tous!

Ce n’est pas la colle qui chie qui colle…

« Ce n’est pas la colle qui chie qui colle mais c’est la colle qui pousse la colle qui chie qui colle… »

Le collage est une opération délicate s’il en est.

Pourtant dans le principe il s’agit d’une étape on ne peut plus simple dans le procédé de réalisation d’un meuble: on prend deux morceaux de bois, on les enduit de colle et on les serre. Enfantin, non?
Oui, sauf qu’un collage mal réalisé peut virer à la catastrophe. Et une opération de collage est toujours plus complexe à réaliser qu’elle ne pourrait laisser croire…[Lire la suite]

Au prix où les cales sont…

(… non, je sais, la blague est douteuse mais on ne se refait pas!!!)

Aujourd’hui je vais parler serrage et nature du matériau bois.

Le serrage est une opération tout ce qu’il y a de plus simple. Il suffit de prendre les deux pièces, de prendre un serre-joint et les serrer?

Mouais…

Il existe des cas un peu plus tordus et l’objet de cet article n’est pas de chercher à déterminer qui de la presse parallèle ou du serre-joint à came aura la barre la plus longue, non, l’objet de cet article est de discuter d’un cas de serrage auquel j’ai été confronté et d’expliquer la manière de se tirer d’affaire.

La réalisation sur laquelle je travaille en ce moment nécessite de coller deux planches chant contre chant. Jusque là rien de plus classique.  A ceci près que le chant opposé de l’une des deux pièces présente de la flache, la flache de la planche brut de sciage dont elle est issue.
Étant donné l’importance des efforts en jeu lors du serrage, l’utilisation de serre-joint sans adaptation aurait écrasé l’arête de la flache contre la surface de serrage du serre-joint entraînant un écrasement, une déchirure et un endommagement irrémédiable des fibres du bois…

On peut se tirer d’affaire très simplement en réalisant des cales qui… [Lire la suite]

Jamais deux sans trois…

Dans la lignée de la sortie de « Les Rabots: l’essentiel » et de « Les Etablis, Théorie, Conception, Fabrication, Utilisation », cette année les Editions Du Vieux Chêne nous gratifient d’une excellente nouvelle: l’annonce de la sortie en français du livre de Robert Wearing, « The Essential Woodworker »!

Projet de couverture de l’édition française.

Après les rabots et les établis, ce nouvel ouvrage quitte le monde des outils, de l’atelier et de Christopher Schwarz pour plonger dans un tout autre domaine: celui de la technique.

Et je peux d’autant plus aisément évoquer ce bouquin que j’ai lu la version anglaise du livre éditée par The Lost Art Press, une excellente maison d’édition spécialisée dans les techniques traditionnelles du travail du bois.

Parce que creuser la technique, c ‘est bien de celà dont il s’agit, de technique du travail du bois et de travail du bois à la main bien évidemment!

Il s’agit, à l’instar des autres publications des Editions du Vieux chêne, d’une véritable bible: un livre qui expose et dissèque méthodiquement les connaissances indispensables et les tours de main nécessaires à la réalisation de A à Z d’un meuble en utilisant les techniques traditionnelles du travail du bois à la main. Non content d’en dresser la liste et de les approfondir, il les ordonne, les agence, les dispose de manière à former un tout cohérent et efficace dans la production de meubles en bois.

Pas de chichis, pas de blabla.
Juste un contenu particulièrement exhaustif d’un auteur particulièrement rigoureux, souligné par plus de 500 illustrations d’une clarté limpide, des illustration simples, complètes et sans fioritures. « La Menuiserie: l’essentiel », c’est propre, c’est net et sans bavures et c’est tout ce que j’aime.

A nouveau, il s’agit là d’un ouvrage essentiel encore pour apprendre ou approfondir sa pratique du travail du bois à la main. La sortie du livre est annoncée pour l’automne 2019.

Choisir son premier rabot

C’est une question qui m’est souvent posée: « Et s’il ne devait en rester qu’un, lequel conserverais-tu? »
Et cette question parfaitement identique mais formulée différemment: « Je débute, je n’ai pas les moyens d’investir dans un jeu de rabots, quel rabot choisir pour ne pas me tromper et ne pas me ruiner? »

La variété des rabots traditionnels qui sont aujourd’hui disponibles n’est en rien comparable avec le nombre démesuré d’outils modernes qui peuplent les rayons de nos GSB… […lire la suite]

De l’arbre à l’ouvrage

L’hiver commence à poindre et les jours déclinent alors pour meubler les longues soirées, voilà une autre pépite trouvée en vagabondant sur la toile…

C’est un film qui retrace l’ensemble du cycle du bois, de l’abattage à l’ouvrage abouti et tous les métiers qui y gravitent,  et suit un compagnon menuisier qui se replace dans un contexte du travail du bois en première partie du XXème siècle.
J’y retrouve beaucoup de gestes que j’utilise avec les outils à main.  Mais il n’y a pas de secret: à l’époque ils étaient comme nous…  Moins c’est laborieux, mieux on se porte.

Ainsi les gestes et les outils ont évolué au cours des générations d’artisans pour atteindre une efficacité maximale en faisant une dépense énergétique minimale.

Alors assis bien au chaud dans un fauteuil, au dehors la brume froide et épaisse enveloppe la nuit dans les côteaux, je me prends à rêver de voir un cours d’eau couler au pied de la maison, et de me faire bercer par le ron-ron d’une scie qui débite une planche dans une grume fraîchement abattue…!

Les établis – Théorie, Conception, Fabrication, Utilisation

J’ai longtemps eu une grande affection pour les tables de camping.

C’est certainement le souvenir de vacances passées avec les tasses de Ricoré et de chocolat qui disputent la place aux brioches et autres bouteilles de jus d’orange sur une surface qui tient plus du timbre poste que de la piste de bowling.
Il y a aussi les rires, les histoires, les pleurs d’enfants et les plaies au genou, les câlins réconfortants et les parties de jeu de société. Et le bruit que l’on entend depuis la tente des gouttes de pluie de l’orage qui s’abattent sur la surface en formica et qui remplissent les verres que l’on a oublié de rentrer…

Il y a un an, presque jour pour jour, je postais un article qui parlait du manque criant de sources d’informations en français sur le travail du bois à la main et de la sortie, très attendue dans le milieu, de la bible sur les rabots qu’est l’ouvrage de Christopher Schwarz « Les rabots, l’Essentiel« , ouvrage traduit par Yann Facchin et publié par Les Éditions Du Vieux Chêne (evdc.fr)…

Eh bien j’ai le bonheur de vous annoncer que Les Éditions Du Vieux Chêne remettent le couvert avec un second ouvrage sur les établis: « Les établis – Théorie, Conception, Fabrication, Utilisation » qui vient tout juste de paraître.  Il s’agit de la traduction du livre « Workbench – From Design and Theory to Construction and Use » toujours écrit par le même auteur et toujours traduit par Yann.

Ques ako donc que ce bouquin-là? Ce n’est rien d’autre qu’une Encyclopédia Universalis beaucoup plus digeste mais tout aussi complète sur cet élément indispensable de l’atelier qu’est l’établi.
Élément indispensable dans l’atelier?
Oui. Et je pèse mes mots.

J’en parle avec d’autant plus de conviction que je suis moi-même passé de l’établi pliable de 15Kg d’une marque grand public d’électroportatif à un établi Roubo de 180Kg (détail de sa réalisation ici) et que pour le travail du bois à la main, c’est tout simplement le jour et la nuit! Plus de saut de gazelle de l’établi à travers la pièce. Les débits sont maintenus fermement pour un travail efficace… Quand on frappe, les mortaises se creuses. Vraiment. Quand on rabote, les copeaux volent, pas le support…

Et ceux qui construisent savent le bonheur de travailler sur un établi bien conçu, bien pensé et réalisé par ses soins aux petits oignons…

« Les établis – Théorie , Conception, Fabrication et Utilisation » est un livre qui vous met à disposition toutes les armes pour s’attaquer à ce type de projet. Il s’attache à comprendre l’architecture d’un établi de construction traditionnelle, dissèque quatre formes d’établi classiques, critique leur conception, discute le choix des essences et des assemblages utilisés, décrit les techniques de construction et donne les étapes de la réalisation. Les accessoires et la mise en œuvre de ces établis sont également présentés pour pouvoir en tirer le meilleur parti et surtout vous assister et vraiment vous aider dans vos réalisations.

Avec ce livre, vous pourrez choisir le type d’établi le plus adapté à votre pratique, décider en toute connaissance de cause des accessoires et autres dispositifs dont vous allez l’équiper pour ensuite le réaliser. Et un établi, ce n’est pas exactement comme un meuble de salon. Ça s’apparente plus à une table de ferme. Rustique, massive et solide mais conçue pour ne jamais vous faire défaut.

L’avantage de le réaliser soi-même?
C’est de se heurter à la mise en œuvre de techniques d’assemblages traditionnels que l’on pourra ensuite décliner dans nos réalisations. Et si le résultat n’est pas esthétiquement parfait? On s’en fout: personne ne le verra.
Ah si! Vous… comme une petite piqûre de rappel à l’atelier pour que vous ne commettiez pas la même erreur lors de vos futurs projets!

Le livre, c’est au bas-mot 200 pages sur le sujet, agrémentées de 25 plans et 350 photos, le tout imprimé sur un papier de qualité, dans une reliure à couverture cartonnée rigide. 1Kg de connaissance que l’on lit comme du petit lait dans le style inimitable de Chris Schwarz. Ah… et puis un détail qui a son importance: le prix reste très raisonnable pour ce type d’ouvrage.

Et maintenant vous avez tout entre les mains pour passer de la table de camping à la grande table de ferme et vous n’aurez plus d’excuse à dire qu’il n’y a pas suffisamment de place pour le pot de Nutella!